Maybe it's true _ That I can't live without You _

Maybe it's true _ That I can't live without You [/align¨] _♥

Croyez-vous que nous pourrions vivre dans un monde où chacun affiche
son propre visage ?
Nous montrer tel que nous sommes serait-il un défaut ?


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Incrite :
- Critique-fics
- Fan-Fiiktiion
- Psychodélique-annuaire-2
- Memory--Annuaire

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Chapitre I



« Le sommeil m'emprisonne. Je suis en vie, j'en suis convaincue. Je sais que tout ce qui m'entoure n'est qu'une illusion. L'endroit où je me trouve est loin de ce qui pourrait ressembler à un rêve puisqu'il n'y a rien. Aucun mur & sol n'est défini, tout est blanc. Que s'est-il passé ?Je me souviens seulement d'une intense lumière puis, c'est le trou noir. Est-ce que quelqu'un m'attend quelque part ? Ma tête est vide de souvenir.
Alors j'attends.
J'attends que la vie me reprenne ou me délaisse. »





Mes paupières s'ouvrent peu à peu. Je allongée dans un lit avec une couverture qui me recouvre jusqu'au menton. Il n'y a plus de blanc, du moins presque. Non, maintenant il y a des machines blanches, quatre murs blancs qui m'oppressent. J'ai quelque chose en plastique sur le visage. J'essaie de l'enlever lorsque je remarque des aiguilles plantées dans mon bras. Elles sont reliées à une machine placée à côté du lit. Il y a du bruit, mais je ne distingue pas sa source. J'entends juste un bip régulier.
Soudain, une femme habillée de blanc entre dans la chambre avec un espèce de chariot. Lorsqu'elle me voit détailler cet endroit, elle ressortit immédiatement en laissant sa machine à roulettes en plan, visiblement choquée. Quelques minutes plus tard, un homme en blouse blanche ouvre la porte, suivit de la femme en blanc. Il retire le masque transparent de mon visage et me fait asseoir. Pas un bonjour, pas un regard, juste le parfum d'une amer habitude.

- Respiration régulière, dit-il.

Il regarde mes yeux avec sa petite lumière. Celle-ci m'aveugle, il le voit bien mais cela semble lui être bien égal.

- Tout semble en ordre, dit-il à sa collègue.

Puis il se retourne vers moi et me sourit. Enfin une once d'humanité. Je reste impassible, n'osant pas poser ces questions qui me brûlent les lèvres. Je me contente de l'observer sans dire un mot. Il doit avoir dans la cinquantaine. Son front est marqué par de nombreuses années de travail acharné. Il doit avoir divorcé récemment car la marque de l'alliance est encore bien visible sur son annulaire gauche.

- Tout va bien Mademoiselle ? me demanda-t-il.
- Oui, dis-je simplement.
- Est ce que vous vous souvenez de ce qui vous est arrivée ?
- Non, répondis-je.
- Savez vous qui vous êtes ? demanda-t-il surpris.
- Non, dis-je sur le même ton que mes réponses précédentes.
- Vous avez eut un accident, il y a de ça six mois. Accident de voiture. Vous traversiez la rue lorsqu'une voiture vous a percutée. Pour faire simple, vous êtes tombée dans le coma.


Il eut pour seule réponse de ma part un haussement de sourcils. Je suis blasé, oui. Peut importe ce qui m'est arrivé, maintenant je suis vivante. Pas besoin de tout ce blabla médical sordide qui m'empêchera de dormir. Je me demande seulement quand je vais pouvoir sortir d'ici une fois pour toute. Je ne sais pas ce qui m'est arrivé, ou ce qui va m'arriver, je n'ai qu'une volonté. Retrouver ma liberté.

- Mais nous ne connaissons pas votre identité. Vous n'aviez aucun papier sur vous. Nous avons cherché dans les personnes disparues mais ça n'a rien donné. Normalement, votre mémoire devrait revenir d'ici peu.

Finalement j'ai bien fait de ne pas poser ces questions, cet homme qui semble tout savoir n'a aucune idée des réponses. Il me regarde avec désolation, ce qui eut pour effet que je le fixe froidement.
Self-control. Je n'aime pas être prise en pitié. Il faut savoir rester digne, même quand la situation peut difficilement s'aggraver encore.

- Ce sont deux frères de 18 ans qui vous ont percutée, ils veillent sur vous depuis l'accident. Nous allons les prévenir que vous vous êtes réveillée, dit-il en sortant.

La femme en blanc m'enlève tous les liens qui me retiennent à cette machine en me souriant. J'aurai avouer volontiers ne rien comprendre à tous ses regards insistants.

- Vous avez bien de la chance d'être tombée sur eux, Mademoiselle. Ils sont venus ici tous les jours. Le plus jeune s'en allait tandis que l'autre restait dans votre chambre des heures durant. Je n'avais jamais vu quelqu'un si attentionné ! C'est un peu comme chez lui ici, maintenant. Toutes les infirmières les connaissent !

Sans me laisser le temps de lui répondre, elle s'éclipse hors de la chambre. Enfin seule. Je m'assois plus correctement et remarque une fenêtre à ma droite. Je me lève et m'en approchais, curieuse. Je sens mes jambes engourdies et me rattrape au matelas. Je glisse et me retrouve les fesses par terre. Je soupire, tente de me relever. Je me tiens au lit et finis par me retrouver debout. Je lâche tout et commence à marcher doucement. Je m'habitue peu à peu, bien que la tête me tourne encore. Je me rattrapais à la fenêtre qui donnait sur un jardin où le beau temps était au rendez vous. Il y avait des enfants qui jouaient et des parents qui les surveillaient en discutant. Cet endroit semblait être bien paisible. Rien à voir avec cette chambre sans vie, ni avec ce que j'avais vu depuis cette lumière aveuglante qui m'avait fait plonger dans ce sommeil prolongé. Au fond de moi, je sentais que le médecin se trompait. Rien n'allait me revenir. Je m'accoudai aux rebords de la fenêtre et observais la vue lorsque la porte s'ouvrit de nouveau, laissant entrer deux jeunes hommes étranges. L'un était blond dreadé et vêtu d'habits très larges aux couleurs gris et bleus ciel avec, comme accessoires, une casquette ainsi qu'un pierçing à la lèvre. Le second, contrairement au premier, était brun et avait des habits noirs près du corps. Ses yeux étaient maquillés de noir, il avait également avec un pierçing à l'arcade sourcilière. Moi qui n'avais vu que des gens habillés de blanc, le changement était radical.

- Salut, dirent-ils d'une même voix.
- Salut, fis-je doucement.
- Tu ne devrais pas rester dans ton lit normalement ? vérifia le blond.
- Tu y resterais toi ? répondis-je d'un ton neutre.
- Hum .. Non, c'est vrai.
- Comment tu te sens ? me demanda le brun.
- Bien, merci.
- Les médecins nous ont dit que tu étais amnésique, mais que ça devrait passer.
- Oui, je suis au courant.
- Tu devrais venir emménager avec nous ! Proposa le blond.
- Euh ... Tom, je peux te parler dehors ? Demanda le brun.


Le dénommé Tom sortit avec son frère. Je m'approchai de la porte pour les écouter. Après tout, cela avait sûrement un rapport avec moi et je refusais d'être tenue à l'écart. Avec difficulté, je rejoignis la porte en essayant de ne pas perdre un équilibre instable.

- T'es devenu dingue ou quoi ? Demanda le brun.
- Bill, c'est nous les coupables et elle est seule au monde ! On ne peut pas la laisser ici !
- Et tu lui dis ça sans même me demander mon avis !
- Ne me dis pas tu n'es pas d'accord ?
- Tu sais très bien que ça va être difficile à gérer, on n'est pas n'importe qui !
- Ce n'est pas de sa faute, à elle. Elle viendra chez nous, que ça te plaise ou non.
- Tom, je sais que tu t'en veux mais ça n'effacera rien Ok ? Ce qui compte maintenant c'est qu'elle soit réveillée et en bonne santé.
- Oui mais à quel prix ? Nous, on ne peut pas imaginer ce que c'est d'être amnésique mais ce doit être horrible. Elle n'a plus aucun souvenir, elle a perdu tout ce qui la définissait dans cet accident.
- Je sais que ça te perturbe. On va s'occuper d'elle, je te le promets.
- Alors tu es d'accord ?
- Oui, répondit Bill.


Signal que je devais vite aller à l'autre bout de la pièce. Je me tenais les hanches et me laissa asseoir le lit. Les deux frères rentrèrent et affichèrent des sourires hypocrites. Moi qui ne voulais pas être un poids pour eux, c'était mal parti. C'était uniquement par culpabilité qu'ils faisaient ça. Je rêvais de leur crié à la figure, mais je me retins. Je les fixais du regard en soupirant.

- Tu sais quand tu vas sortir ? Demanda Bill.
- Non, répondis-je.
- Bon, je vais aller demander au médecin, répondit-il en partant.
- D'accord, dit Tom.


Sans me soucier du blond, je me suis relevée sans grande conviction et m'apprêtais à rejoindre la fenêtre en paraissant sûre de moi, lorsque je chutais et me retrouvais lamentablement sur le carrelage gelé. Tom se précipita sur moi, me harcela de questions et m'aida à me relever. Il me conseillait de me coucher, mais je m'obstinais à refuser. Avec ou sans son aide, je restais debout. Il finit par céder et me conduisis à la fenêtre. C'était magnifique. Peut être que c'était une vue anodine pour certains, mais pour moi, cela valait tellement plus. La raison qui me poussait à vouloir sortir d'ici le plus vite possible, c'était bien de pouvoir être dans ce jardin pour de vrai. Je voulais pouvoir sentir ce parfum de nature. Ici, il n'y avait que l'odeur du désinfectant qui régnait. C'était insupportable. Je m'imaginais déjà, assise dans l'herbe comme n'importe quelle fille et regarder autour de moi en souriant.
Sans que je ne m'en sois rendue compte, Tom s'était mis derrière moi et regardait par dessus mon épaule ce qui attirait mon attention. Je sentis alors son souffle et frissonnait.

- C'est beau, hein ? dit-il.
- Oui, répondis-je en le regardant.
- Je ... Je suis désolé.
- Pour quoi ?
- Tu ne serais pas ici si j'avais fait plus attention en ...
- Je ne t'en veux pas, le coupai-je, je pense que c'est mieux comme ça. Je ne vais pas chercher à savoir qui j'étais, parce que j'ai la nette impression que cette personne est morte avec l'accident. Si la vie m'a redonnée une chance, ce n'est pas pour que je vive dans le passé.


Mon regard se posa de nouveau sur la vue que m'offrait la fenêtre. Je touchais la vitre en imaginant que je puisse la traverser. Tom posa la sienne dessus et me sourit lorsque je le regardais, surprise. Le doux parfum qui émanait de sa personne était sucré et chaleureux. Soudain la porte s'ouvrit mais le dreadeux ne bougea pas. Il semblait déjà savoir qui était dans la chambre avec nous.

- Ca c'est incroyable, je te laisse deux minutes et je te revois en train de draguer, plaisanta Bill.

Tom rit légèrement et se retourna vers son frère. Déstabilisée, je fis de même et retournais m'asseoir sur mon lit sans dire un mot. Je me sentais rougir, j'espérais seulement que cela ne se verrait pas.

- Bon, alors j'ai parlé au médecin et tu sors dans une semaine si tout va bien. Ils veulent surveiller que ton état ne se dégrade pas, expliqua le brun.
- D'accord, répondis-je en hochant la tête.


Une semaine ... Une semaine pour enfin voir ce que peut être l'au dehors. Sept longs jours de plus dans cet enfer. J'y étais restée six mois, croyaient-ils vraiment que j'allais attendre d'avantage pour redécouvrir ce qu'est la vie ?





Un début peut-être un peu maladroit. Mais j'espère que ça vous a quand même plu !

# Posté le vendredi 25 avril 2008 13:37

Modifié le mercredi 14 octobre 2009 14:42

___Chapitre 2.___

___Chapitre 2.___
Les garçons rentrés chez eux et les infirmières absentes, je peux enfin savourer pleinement ma résurrection, pour ainsi dire. Les prétendus jumeaux m'ont persuadée de rester allongée. Comme ils font bien deux têtes de plus que moi, j'ai préféré ne pas insisté trop longtemps. Ils sont plus grands que tout le monde ici, chaque infirmière et médecin les regardent d'en bas. Humiliés. Cela me fait discrètement rire.

J'aurai voulu continuer à admirer les gens de ma fenêtre, mais selon eux, l'espèce de toute petite caisse grise accrochée dans le coin de la chambre est là pour ça. Je regrette, mais ils ont tort sur toute la ligne. Malgré tout, je les écoute, à défaut d'autres choses. En voyant pour la troisième fois le même épisode d'une série américaine débile, je finis par éteindre la boîte de conserve bavarde. J'ai attentivement regardé toutes ces actrices et cela m'a rendu curieuse de connaitre mes traits. Je lutte contre moi-même, trouvant ridicule d'aller dans le couloir à minuit pour se regarder dans le miroir, mais je finis par m'y résoudre.

Je m'assois doucement, pose un pied par terre avec précaution, puis le second. Je marche quelques pas et me rends compte que mes jambes ne sont plus engourdies. Le sourire jusqu'aux oreilles, j'ouvre la porte de ma chambre. Il y a de la lumière dans le couloir, je vois plusieurs infirmières passer et essaie de trouver le bon créneaux pour passer sans être vue. Cet hôpital ressemble à un labyrinthe permis au public. Aucune indication ne me fait penser que les toilettes ne sont pas loin. Je finis par ouvrir une porte au hasard, espérant avoir une bonne étoile. Tout ce que j'ai, ce sont des ronflements d'éléphants. Je referme précipitamment la porte, le c½ur battant. Mauvaise pioche, comme on dit. Tout au bout du couloir, je trouve enfin la porte où est inscrit Toilettes des Femmes en minuscule. Je l'ouvre et m'engouffre dans la pièce. Un silence de mort y règne. Seul le bruit de mes pieds nus sur le carrelage se font entendre. Un grand miroir est accroché en face d'une dizaine de cabines. Je fais un pas en avant les yeux fermés, me positionne face à la glace et inspire un grand coup.

Je dois être ridicule, mais je m'en fiche. Lorsque mes yeux s'ouvrent enfin, je découvre une jeune fille châtain aux yeux verts vêtue d'une affreuse blouse blanche d'hôpital. Ma respiration se bloque. Je remarque mes traits creusés, mes cernes et toutes ces marques de fatigue. Ma peau est sèche, j'ai le visage creusé comme si je me contentais d'une cigarette comme repas. Je fais quelques mouvements, comme pour m'assurer que cette personne est bien moi, que ce n'est pas une farce. Même si avec réflexion, je me rends compte que c'est idiot. En contemplant mon reflet, je me demande quel genre de personne j'ai pu être. J'ai l'étrange pressentiment que je dois être loin de la fille aussi angélique que je vois en face de moi.

Je suis restée toute la nuit devant le miroir à m'observer. Debout sur le carrelage froid en contact avec mes pieds nus. Je n'avais pas froid. J'avais cette impression d'être déconnectée de la planète. J'étais dans mon monde. Mais une vieille dame vient d'entrer, elle a des béquilles à cause d'une jambe dans le plâtre. Lorsque je l'aperçois en train de s'avancer, je sors des toilettes et retourne dans ma chambre. Je n'ai pas sommeil, rien d'étonnant vu le nombre de mois où Morphée m'a gardée dans ses bras musclés. Je me recouche et attends. J'aimerai que tout ceci soit un mauvais rêve et que je m'en réveille très vite entourée d'une famille qui souhaite ne jamais me perdre.

Mais personne n'est là, si ce n'est deux parfaits inconnus. Ils sont peut-être très gentils, un peu spéciaux et soucieux de mon état, je me demande ce qu'ils me veulent. Que vont-ils faire de moi ? C'est bien sympa de m'héberger, sans me demander mon avis, mais je dois bien avoir une vie quelque part non ?
Nous sommes à la fin de la matinée et je vois les jumeaux entrer. Tom avait un paquet dans les mains et me sourit.

- Salut toi, me dirent-ils.
- Hey.
- Comment tu vas ? Me demanda Bill.
- Tu veux dire à part cette odeur horrible qui règne ici et cet espèce de sac poubelle blanc qu'ils me font porter, oui, je vais bien, dis-je avec sarcasme.
- Tiens, en parlant de vêtements, fit Bill. On a demandé au médecin si tu pouvais sortir, d'ailleurs c'est la cause de notre retard, et nous avons beaucoup négocier. Il est d'accord, pour quelques heures.
- Alors comme tu ne peux pas sortir avec ce "sac poubelle" comme tu dis, on t'a achetée des vêtements ! reprit Tom.
- Avec l'aide de notre mère, compléta Bill.
- On espère que ça te plaira.
- Tom a prit un malin plaisir à choisir tes sous vêtements, dit le brun en souriant.
- J'ai pris les mêmes que les tiens, plaisanta Tom.
- Haha, très drôle, ironisa Bill.


Je reste bouche bée à moitié sourire. C'est tellement gentil de leur part. Je suis sûre que l'idée vient de Tom, il a vu comme je regardais par la fenêtre hier. Ca se voit que c'est un gars bien. Reprenant mes esprits, je leur souris franchement en me mordant la lèvre et me lève pour les prendre dans mes bras.

- Merci, merci beaucoup ! fis-je.
- C'est rien, je t'assure, répondit Tom.
- Va t'habiller, on y va dès que tu es prête, dit Bill.


Je prends le paquet que Tom me tend et cours comme une folle jusqu'aux toilettes, vu que maintenant je savais comment y aller. Comme quoi se balader dans les couloirs d'un hôpital la nuit n'a pas que des inconvénients. Je rentre dans l'une des cabines sans faire attention aux femmes qui me regardent comme une extra-terrestre. J'enfile rapidement les habits.

Un jean tout ce qu'il y a de plus simple avec un débardeur rose et un gilet à capuche blanc. Et au fond du paquet, je remarque une trousse avec du maquillage, un démaquillant et une brosse. Je souris et sors de la cabine pour retourner devant le miroir. Je me lave le visage et me maquille légèrement avec du mascara et un gloss transparent, puis me brosse les cheveux. Le maquillage fait des miracles, on dirait presque que je suis comme tout le monde, en bonne santé et avec toute ma tête.

- Bah alors ma petite, soit tu pars de cette hôpital aujourd'hui, soit ton fiancé vient te voir, sourit une femme âgée en me regardant.
- Non, répondis-je en souriant, aujourd'hui c'est ma première sortie depuis six mois !
- C'est bien, profite donc de ta jeunesse !
- J'ai une question à vous poser, je peux ?
- Bien sûr, vas-y.
- Quel âge me donneriez vous ? demandai-je.
- Dix huit ans, j'imagine, pourquoi ?
- Merci ! dis-je en sortant.


Je retourne dans ma chambre en appréhendant la réaction des deux frères. Je respire un bon coup et ouvre la porte doucement. Bill et Tom se retournent en même temps. A ma vue, ils semblent surpris. Cela me met mal à l'aise, je voudrais qu'ils arrêtent de me détailler comme ça.

- Ca ne va pas ? Demandai-je finalement.
- Tu es très belle, répondit enfin Bill.
- Tu le penses vraiment ? Demandai-je en souriant.
- Oui, répondit-il.
- Comment tu t'appelles ? Demanda soudainement Tom.
- Ben... , répondis-je honteusement.
- Alors il va falloir te trouver un nom, tu peux pas rester anonyme ! s'exclama-t-il.
- On y réfléchira une fois qu'on sera dehors, vous venez ? Proposa Bill en sortant.


Nous le suivîmes et descendîmes l'escalier de l'hôpital. J'avais hâte de quitter tout ce blanc. Je vais être fâchée avec cette couleur longtemps, croyez moi ! Une fois au rez de chaussée, tout semblait plus lumineux. Bill ouvrit la grande porte vitrée. Devant moi, il y avait la civilisation. Aujourd'hui encore, le soleil éclairait de tous ses rayons. A quelle saison étions nous ? Je penchais pour été. Les gens autour de nous étaient tous en t-shirt et boivent des boissons sur les terrasses des cafés. Une brise vint me caresser le visage. Je soupirais et souris comme jamais. Les deux garçons m'observent.

- Il y a encore beaucoup de choses à voir, Any, dit Tom.
- Any ?
- Diminutif d'anonyme.
- Ah... Premier surnom, souriais-je. En tous cas merci, vous êtes adorables d'avoir fait ça.
- Tu ne t'es pas réveillée pour rester dans ta chambre d'hôpital, scotchée à ton lit, me dit Tom en faisant un clin d'½il accompagné d'un sourire.


Ils m'emmènent dans le parc que je peux voir depuis ma fenêtre. Je lance un regard entendu au blond. Comme je l'avais prévu, c'était un endroit magnifique. Nous nous allongeâmes dans l'herbe, savourant la
chaleur que le soleil nous procurait. Un sourire restait collé à mes lèvres et je fermai les
yeux en soupirant de bien-être.

- Bon, pour revenir à cette histoire de prénom, je propose Jessica ! fit Tom.
- Ca fait pouffiasse ! s'exclama Bill en fronçant les sourcils.
- Bill, commence pas... Angélica alors ?
- Ca fait bourge, fit remarquer le brun une nouvelle fois.
- Tu vas arrêter de contredire tout ce que je dis, oui ?
- Désolé, mais j'ai pas envie qu'elle ait le prénom d'une des filles avec qui t'as couché !
- Ca va être difficile de lui trouver un prénom alors, plaisanta Tom.
- Qu'est ce que vous pensez de Shelly ?
- Nan, Sheila, intervins-je.
- Sheila ? répéta Bill.
- Oui.
- Si c'est ce que tu veux, alors d'accord, répondit-il en souriant.
- C'est bien Sheila, moi j'aime bien. Et puis j'ai jamais couché avec une Sheila, ça pourrait être une première !
- Pas question.
- Je plaisantais Bill, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, fit remarquer son frère.
- Il y a une femme dans les toilettes qui m'a dit que je faisais dis-huit ans, dis-je.
- C'est ce que je pense aussi, répondit Bill.
- Tu sais conduire une voiture ? Demanda Tom.
- Je sais pas, répondis-je.
- Et bien on va voir ça tout de suite, dit-il avec entrain en se levant.


Sans comprendre où il veut en venir, Bill et moi le suivons en se regardant, angoissés. Ils nous entraîne jusqu'au parking et à la vue de l'expression que dégage soudain Bill, il voit où son frère veut en venir. Nous arrivons devant une grosse voiture noire. Tom me sourit et me place sur le siège du conducteur. J'analyse tour à tour les boutons et me rappelle comment il faut s'y prendre. Je souris au blond en hochant la tête.

Comprenant le message, il va sur le siège du passager et Bill se résigne à aller derrière en grognant. Je fais démarrer la voiture avec la clef que m'a donné Tom. Je sors de la place de parking, complètement crispée en me demandant pourquoi Tom m'inflige cette humiliation, et retrouve la route. Tom fait une grimace, les ennuis commencent.

- Ne jamais confier le volant à une femme, c'est bien connu, j'aurais dû m'en souvenir ! s'exclame-t-il pour lui même.

Je souris, rassurée et longe la route sans même savoir où je vais. J'aime bien la voiture de Tom, elle domine celle des autres. C'est exactement le reflet de son propriétaire. Je ne pensais pas aimer les grosses voitures. Nous faisons le tour de la petite ville. C'est tout nouveau pour moi. Cette ville ne me dit absolument rien malheureusement. Nous arrivons dans une petite rue à l'abri du soleil où il fait d'un coup plus frais.

- Hey mais je connais cet endroit ! m'exclamai-je.
- Sérieusement ? Comment t'as fait ? demande Tom, surpris.
- J'ai regardé le panneau au début de la rue, plaisante-je.
- Ah c'est fin ça !
- Et oui que veux-tu, j'ai l'humour dans l'âme, dis-je en souriant.
- On devrait rentrer, suggère Bill en s'avançant.
- Déjà ? dis-je avec déception.
- Allez, c'est bientôt fini.
- Oui, je sais mais je veux pas rentrer.
- Il faudrait que tu dormes, dit Tom.
- NON ! m'exclamai-je soudain en freinant d'un coup.


Nous sommes projeté en avant et la voiture s'arrête net. Je suis complètement paniquée. Tom me parle mais je n'entends qu'un bruit sourd. Je prends ma tête dans mes bras et respire profondément. Tom me secoue en m'appelant. Environ 10 minutes plus tard, je relève la tête et me laisse tomber sur le dossier de mon siège en soupirant.

- Shell, tu m'entends ? Demande Tom en me regardant avec des yeux inquiets.
- Oui, répondis-je en soufflant.


Il soupire et se laissa lui aussi tomber sur le dossier de son siège. Bill ne dit rien et je ne peux pas voir sa réaction. Je ne sais pas ce qui s'est réellement passé. J'ai totalement perdu le contrôle de moi-même. J'avais peur, c'est une évidence. Et je sais très bien de quoi. Mais je pense qu'il est inutile de l'avouer. Pas besoin d'une humiliation de plus.

- Mais qu'est ce qui s'est passé ? Demanda enfin Tom.
- Je ... Je n'en sais rien, répondis-je encore un peu choquée.
- Bon, laisse moi ta place, on va retourner à l'hôpital, dit-il.


Je hoche la tête et nous échangeons les places. Je ne dis pas un mot, me contentant de réfléchir tête posée contre la vitre. Tom me regarde de temps en temps puis soupire en regardant de nouveau la route.

- Une chose est sûre, je ne te laisse plus jamais le volant. T'es un vrai danger public ! Ce serait un meurtre avec préméditation que de te laisser conduire, tente-t-il de plaisanter.

Ca ne fait rire personne, lui en premier. Il gare la voiture et me fais sortir en ouvrant ma portière. Nous retournons dans ma chambre tous les trois et je m'assois sur le lit. Aucun de nous ne parle et cela commence à devenir pesant. Bill s'est assis sur un tabouret et tortille ses bagues tandis que son frère réfléchit, adossé au mur près de la fenêtre. Bill lève enfin la tête et nous observe l'un et l'autre.

- Je vais chercher quelque chose à manger dans le distributeur, l'un de vous veux quelque chose ? Demanda-t-il en se levant.

Nous faisons non de la tête. Lorsque Bill quitte la pièce, le regard de Tom se reporte sur moi. Il vient s'asseoir à mes côtés sans me quitter des yeux. Je ne sais pas quoi lui dire. Par contre, lui ne semble pas de cette avis.

- Dis moi ce qu'il y a Shell, dit-il.
- Rien, répondis-je simplement.
- Ecoute, je suis peut être pas médecin mais ce n'est pas normal que tu ais fait cette crise toute à l'heure.
- T'as raison, t'es pas médecin.
- Je suis sûre que tu connais la raison.
- Peut être bien ...
- Explique moi alors.
- Pourquoi faire ?
- Parce que je veux savoir, et je veux sentir que tu sais que tu peux compter sur moi, dit-il.


Je me lève et me poste devant la fenêtre en soupirant. Tom me rejoint, persuadé qu'il ne faut pas lâcher l'affaire. Il baisse la tête et pose sa main sur le mur.

- Tu n'es peut être pas prête à m'en parler, mais ... sache que je suis là, fit-il.

Je le regarde dans les yeux sans lui répondre. Je lui chuchote un "merci" et il se retourne vers la sortie. Je le suivis des yeux jusqu'à ce qu'il sorte de la chambre. Je n'arrive pas à me confier, voilà le défaut que j'en retire. Je dois sûrement attirée la curiosité. Après tout je suis une fille amnésique qui refuse de se confier et qui fait des crises étranges. Je comprends que Tom essaie d'en savoir plus mais il a raison, je ne suis pas prête. Je suis sortie du coma seulement hier, et je ne sais pas qui je suis.

# Posté le samedi 26 avril 2008 12:30

Modifié le mercredi 14 octobre 2009 14:44

___Chapitre 3.___

___Chapitre 3.___
Les garçons ne sont pas revenus. Ils m'ont vulgairement laissé ici, toute seule. Mais j'ai su combler cette solitude avec l'un des aide-soignant de l'hôpital qui passait par là. De ce côté là, je n'ai rien oublié ! Je sais juste qu'il s'appele Lucas et que c'est un bel américain. Oui je sais, je suis une vilaine fille. Mais ce n'est pas parce que je n'ai plus aucun souvenir qui remonte avant deux jours, que je suis différente de ce que j'étais. Mais peut être que ce sont juste les questions que je me pose qui ont changé. Et puis, personne n'en saura rien. J'ai pensé à Tom toute la nuit, je ne dormais pas. Ce Lucas lui ressemble légèrement. Il a son sourire et ses yeux, c'est largement suffisant pour moi. Je ne suis pas une fille sage, pas besoin de souvenirs pour le savoir. C'est comme ça, il y a des choses que je sais, je ne sais comment, et d'autre qui me sont inconnues.
Je ne sais pas quand les deux frères arrivent.

Il est onze heures et ils ne sont toujours pas là. Peut être ne vont ils pas venir? Sûrement ont-ils seulement peur.
Je sors de ma chambre en enfilant des vêtements qu'ils m'ont amenés pour les sorties suivantes. Il y a un jean, un débardeur bleu foncé et je mets le pull à capuche d'hier. Je ne ferme la fermeture éclair qu'à moitié, je ne sais pourquoi. Je mets les baskets blanches et sors de la chambre. Dans cette tenue, je passe inaperçu auprès des infirmières, ce qui m'arrange. J'ai peur qu'ils m'obligent à retourner dans cette chambre.
Je sors de l'hôpital et me promène dans la ville en mémorisant mon chemin. Ce serait bête de se perdre maintenant. Je ne suis pas fatiguée malgré mes deux nuits blanches. Même si les cernes sous mes yeux traduisent le contraire. Personne ne peut me forcer à dormir. Alors que je longe une rue, une voiture rouge s'arrête à côté de moi. Lorsque la fenêtre s'ouvre, je reconnais Lucas.

- Tu montes ? Proposa-t-il.
- Ouais, répondis-je en ouvrant la portière.
- Ca te dit d'aller boire un café ?
- Bien sûr, dis-je en lui souriant.


Il m'emmène dans un café. Notre table est sur la terrasse et il fait tellement chaud que Lucas demande un parasol à la serveuse, une pseudo excuse pour la matter de plus près je suppose. C'est bondé de monde, riant, pleurant, discutant simplement entre amis. Lucas commande deux cafés et reporte son attention sur moi.

- Alors, qu'est ce que tu fais là ? Demanda-t-il.
- Et bien, je suis sortie de l'hôpital.
- C'est une bonne nouvelle !
- Pour moi oui, mais les médecins ne sont pas au courant
- C'est dangereux ce que tu fais, tu le sais ?
- J'ai pas l'intention de rester enfermée entre quatre murs alors qu'il fait beau dehors.
- Pourquoi tu es allée à l'hôpital ?
- J'ai un accident et je suis tombée dans le coma pendant six mois. Ils veulent que je reste une semaine de plus pour "vérifier que tout va bien".
- t'as pas eut de séquelles au moins ?
- Non, ais-je menti.


Pas question de lui dire que je suis amnésique. Je n'ai pas envie qu'il ait pitié, ce serait pire que tout. Tant pis si je dois lui mentir. De toute façon, je ne vois pas ce que ça peut lui faire, nous ne sommes pas spécialement amis.

- Et sinon, ta famille est venue te voir ? Demanda-t-il pour faire la conversation.
- Oui, mais ils sont très occupés.
- Ils se rendent compte que leur fille sort d'un coma de six mois ? S'indigna-t-il.
- Je ne veux pas m'imposer. Pas question qu'ils gâchent leurs vies pour moi.
- Une semaine, ce n'est pourtant pas beaucoup.
- Parlons un peu de toi, alors t'es aide-soignant ? fis-je pour changer de sujet.


Il me parle de sa vie, de sa vocation à devenir médecin un jour peut-être. C'était dommage, un aussi joli minois ne devrait pas se tuer à la tâche. Mais je ne fais aucune remarque. Après tout, sa compagnie occupe ma journée. C'est soit ça, soit rester à me morfondre dans ma chambre d'hôpital. Je préfère la première option, quitte à me servir de lui. Je sirote mon café lorsque Tom se pointe devant moi avec un regard dur. Lucas me lance des interrogations silencieuses. Je lève alors lentement les yeux vers le dreadeux et lui fais un petit sourire gêné.

- Tu le connais ? Demanda Lucas.
- Oui, répondis-je.
- Je peux savoir ce que tu fais là ? S'énerva Tom.
- Je prends un café, pourquoi ?
- Et c'est qui ce gars ?
- Un aide-soignant.
- Tu te rends compte, tout le monde te cherche !
- Vraiment ? Fis-je avec un air faussement innocent.
- Reviens tout de suite dans ta chambre ! Ordonna-t-il.
- Pour y faire quoi ?
- Tu es sortie du coma il y a deux jours Shell ! Ca te suffit comme réponse ?
- On dirait que je n'ai pas le choix.
- Tu déduis bien, ironisa-t-il.
- Tu régleras ? Demandai-je à Lucas.
- Oui, pas de problème, fit-il gêné.


Tom me prend la main et m'entraîne jusqu'à l'hôpital. Il est visiblement énervé. Mais moi, je ne savais même pas s'ils venaient. Je ne pouvais pas deviner qu'il me chercherait. Bon, j'avoue que j'aurai pu le deviner. Après tout cela fait six mois qu'ils veillent sur moi. Je suis en train de me trouver des excuses à deux balles. Tom est adorable, et moi pour le remercier, je me casse sans rien lui dire. Et en plus avec un autre garçon. Un élan de culpabilité m'envahit. Comme une petite fille qui doit avouer à sa maman qu'elle a cassé un vase. Encore faudrait-il avoir une mère pour que ce soit une anecdote.

- Tom, je suis désolée, lui dis-je en entrant.
- Laisse tombé, dit-il.
- Non, je laisse pas tombé ! Dis-je en l'arrêtant de marcher.
- Il faut que Bill sache que tu es là
- Il attendra. Tom, je suis sortie parce que je ne savais pas si vous viendriez. Tu devrais comprendre que je ne peux pas rester enfermer !
- T'aurais pu laisser un mot ou je ne sais quoi !
- Excuse-moi, s'il te plaît.
- D'accord, dit-il en souriant de nouveau.
- Bill m'en veut ?
- Je n'en sais rien.
- C'est rassurant, ironisai-je.


Nous reprenons notre marche vers ma chambre, sans que Tom me tienne la main. C'est un peu étrange, mais le fait est que je voudrais qu'il la garde. Lorsque nous arrivons enfin, Bill est sur le tabouret. Il se lève d'un bond après nous avoir vu. Il me prend dans ses bras alors que je me confonds en excuses.

- Ne refais plus jamais ça ! s'exclama-t-il en me regardant.
- Bon alors, c'était qui le mec avec toi ? Demanda Tom.
- Hum, une connaissance, répondis-je.
- Oh, autant pour moi ! Dit-il avec sarcasme.
- Shell, tu as vu les cernes que tu as ? s'exclama Bill en me regardant, horrifié.
- Je ... J'ai pas bien dormi.
- Bon alors on va te laisser dormir !
- Pars devant Bill, je te rejoins, fit Tom.


Le brun sort de la pièce après m'avoir dit au revoir en souriant. Tom reporte son attention sur moi. Je m'assois sur le lit en attendant qu'il dise ce qu'il avait à me dire. Son regard est si difficile à déchiffrer, il ne traduit jamais ce qu'il pense. Angoisse ? Suspicion ? Résignation ?

- Tu ne dormiras pas, hein ? Dit-il enfin.
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Parce qu'on m'a dit que tu avais passé la soirée en bonne compagnie, dit-il en se raclant la gorge exprès, hier soir et que le soir d'avant tu n'étais pas dans ta chambre. Depuis que tu t'es réveillée, tu ne dors plus.
- Je ne veux pas dormir, dis-je.
- Pourquoi ? Demanda-t-il.
- Je ... J'ai peur de ne plus me réveiller, encore une fois, avouai-je la tête baissée.
- Shell, souffla-t-il en me prenant dans ses bras, je te promets que ça va aller. On est là, d'accord ?
- Je ne veux pas retourner là-bas Tom, dis-je en versant quelques larmes sur son épaule.
- Ca ne se reproduira pas.
- Comment tu peux en être sûr ?
- Je le sais. Et tu le sais aussi.


Je hoche légèrement la tête et il me fait face en essuyant une larme de ma joue. Tom me sourit et se dirige vers la porte.

- Bonne nuit Shell, dors bien, dit-il en partant.

La porte se referme, signal que je suis encore une fois seule. Comment Tom a-t-il su pour Lucas ? Alors il y a des commérages dans les hôpitaux aussi ? Jamais je ne l'aurais cru. Ceux qui restent ici alors qu'ils n'ont rien, n'ont rien d'autre à faire que de répandre les rumeurs avec les autres patients. De vrais ragots de lycée.
J'ai décidé de suivre le conseil de Tom. Je pose la tête sur l'oreiller ferme lentement les yeux. Malgré le stresse qui monte en moi, je m'endors malgré moi.

# Posté le dimanche 27 avril 2008 09:52

Modifié le mercredi 14 octobre 2009 14:46

___Chapitre 4.___

___Chapitre 4.___
J'ai passé ma semaine à faire des tonnes d'examens tous plus longs les uns que les autres. Les médecins tenaient absolument à savoir la raison d'un réveil si soudain. Il semble que cela arrive parfois, mais c'est extrêmement rare. Tom me dit qu'il a toujours su que je suis exceptionnelle. Bill renchérit. Cette impression de ne pas être à ma place se dissipe peu à peu. Mes dernières minutes dans cet hôpital puant la mort sont comptées. Une infirmière arrive dans la chambre et dépose sur mon lit les affaires que j'avais le jour de mon accident. Il y a un portable cassé de partout et inutilisable, un porte-clefs sans clefs, un gloss rose pourri sûrement trouvé dans un magasine et une boîte. Une simple boîte. Blanche. Carré. Petite. Je n'osais pas l'ouvrir de peur de découvrir ce qu'il y a à l'intérieur. C'est certainement en rapport avec mon passé, mais je ne suis pas prête. Si ça se trouve c'est simplement des écouteurs ou autre chose sans importance. Pourtant j'ai le pressentiment que l'objet que contient cette boîte pourrait tout faire basculer.
Bill et Tom sont adorables, ils viennent tous les jours dès le matin et passent la journée avec moi pour éviter que je m'ennuie. On rigole bien tous les trois. Ils me disent qu'à mon arrivée, une surprise m'attend. Je suis impatiente de savoir ce que c'est et en même temps je m'imagine le pire. Si ça vient de Tom, ma peur doit être justifier, le connaissant.
Enfin ils arrivent et je suis prête. Ils sont partis devant mais je reste sur le pas de porte, à admirer cette chambre où j'avais vu le jour. Celle où j'ai passé six mois dans un semi-sommeil, celle que je détestais par ses couleurs trop blanches. Mais maintenant que j'ai réussi à m'habituer, je dois partir. Je retrouve ma liberté, c'est vrai.
Je soupirai et rejoignis les autres qui m'attendaient devant les portes de l'ascenseur. Les deux jumeaux me lancent un sourire que je leur rends. Une nouvelle vie semble s'offrir à moi, sans m'en déplaire.
Une fois dans la voiture, c'est Tom qui conduisit. La première expérience les avait décidé à ne plus jamais me laisser un volant entre les mains. Du moins, s'ils ne sont pas dans la même voiture que moi.
Mais je suis contente, j'ai appris à les aimer ces deux garçons. Ce sont des gens à qui je tiens énormément maintenant et pas question de m'en aller.
Nous arrivâmes devant un grand immeuble, nous montâmes au dernier étage, le cinquième. Bill sortit sa clef et ouvrit la porte. J'entrai la première et remarquai les ballons de couleurs et la grande banderole où était inscrit "Bienvenue Sheila". Cela me fit sourire. Ils me firent avancer et crièrent qu'ils étaient là. Deux jeunes hommes arrivèrent en souriant. je n'avais aucune idée de qui ils étaient.

- Alors, ça te plaît Shell ? Demanda Bill.
- Vous êtes ...
- Adorables, oui on sait, plaisanta Tom.
- Non, j'allais dire de vrais chieurs, dis-je avant d'éclater de rire.
- Bon, je te présente nos meilleurs amis : Gustav et Georg.
- Vous ne m'aviez pas parlé d'eux
- Oui, on a fait croire à Georg que tu étais une fan de lui pour qui se sentent aimer pour la première fois, plaisanta Tom avec un sourire provoquant à l'adresse de Georg.
- Quel humour Tom, quel humour ... C'est désespérant. Alors, Sheila, c'est moi Georg, dit l'un des deux garçons avec les cheveux longs lisses.
- Et moi Gustav, dit un blondinet au T-Shirt des Greenday.
- Contente de faire votre connaissance ! Dis-je poliment en leur faisant la bise.
- Ouais, nous aussi, fit Georg en souriant, hey Tom, tu devrais en percuter plus souvent si elles sont aussi jolies que Sheila !
- Laisse tomber Georg, dit Tom soudainement.
- Laisser tomber quoi ?
- Tu ne sais PAS draguer alors, laisse tomber, dit-il avant d'exploser de rire.
- C'est toujours comme ça ? Chuchotai-je à Bill.
- Oui, va falloir t'y habituer, répondit-il avec le sourire.
- Ca promet !
- Bon, on va les laisser se disputer, dit Bill alors que Georg et Tom se chatouillait par terre comme des gamins, je vais te montrer ta chambre !
- Hum, je vous accompagne, fit Gustav en sautant par dessus les pieds des deux gamins ce qui me fit rire.


Nous montâmes un escalier. Bill me montra leur chambre à chacun. J'aimais bien celle de Tom, il y avait des guitares accrochées aux murs. Un lit deux places collé au centre d'un mur. Un miroir était incrusté dans la porte de l'armoire. Bizarrement ça ne m'étonne pas tellement. Je l'imagine déjà en train de se regardait pendant des heures en se murmurant qu'il était bogoss. Cette pensée me fit rire.
Puis vint enfin ma chambre. Bill l'ouvrit doucement et me poussa à l'intérieur. Les murs étaient bleus turquoises. Dit comme ça c'est vrai que c'est pas terrible, mais dans cette chambre c'était magnifique. Je me serai cru dans l'océan. Il y avait du parquet au sol. Un lit deux place et une armoire, ainsi qu'un bureau où était placé un ordinateur portable.

- C'est nous quatre qui l'avons décoré, dit fièrement Bill.
- C'est ...
- Magnifique ? Oui, on sait, plaisanta Gustav.
- Arrête, un seul Tom ça nous suffit ! s'exclama Bill.
- Vous êtes millionnaire ou quoi ?
- Bah ... Pas loin en tout cas ! Fit Gustav tandis que Bill lui donnait un coup de coude.
- Je sais même pas ce que vous faîtes dans la vie.
- Des études ! s'empressa de dire Bill.
- Et vous êtes en vacances ?
- Oui, tout à fait. Bon, on va te laisser t'installer, dit-il en poussant Gustav dehors.


Non, ce n'était pas net comme explication. Je n'ai pas rêvé en voyant cette fille demandé un autographe à chacun de jumeaux. Décidée à en savoir plus, j'attendis d'entendre les pas dans l'escalier pour sortir. Ensuite je me rendis sur le pallier à un endroit où on ne pouvait pas me voir et tendis l'oreille.

- Mais pourquoi tu lui as menti Bill ? s'indigna Gustav.
- C'est mieux qu'elle ne soit pas au courant pour l'instant.
- De quoi vous parler ? Demanda Tom, qui avait fini ses chamailleries avec Georg.
- Bill ne veut pas dire à Sheila pour le groupe, expliqua le blondinet.
- Pourquoi ?
- Comme je l'ai déjà dit, c'est mieux qu'elle ne soit pas au courant pour l'instant.
- Bon, comme tu le sens, fit Georg en haussant les épaules.


Ils se dispersèrent en retournant à leurs activités. Je vis Tom se diriger vers l'escalier. Je me dépêchais donc de rejoindre ma chambre. Je fis style de ranger mes affaires en attendant que Tom aille dans sa chambre située en face de la mienne. Pourtant c'est ma porte qui s'ouvrit. Il apparut et s'avança en souriant.

- Tout se passe comme tu veux ? Vérifia-t-il.
- C'est parfait. Merci beaucoup, vous étiez pas obligés ...
- Shell, on est content que tu sois là, me coupa-t-il.
- Quand avez vous trouvé le temps de faire tout ça ?
- A vrai dire, Gustav et le hobbit ont fait le plus gros, dit-il.
- Le hobbit ?
- C'est Georg.
- Pourquoi ?
- Regarde le au réveil et tu comprendras, plaisanta-t-il.
- Je m'en souviendrais, dis-je en souriant.


Il s'en alla en m'adressant un dernier sourire. Lorsque la porte se referma, je soupirai et m'assis sur mon lit en regardant autour de moi. Pourquoi faisaient-ils ça ? Ils n'ont pas ma garde, ni autre que je sache. C'est par culpabilité ? Mais Tom veut que j'arrête de penser à ça, alors je vais faire ce qu'il me demande. De plus, ce n'est pas comme si j'avais le choix. Puis, en voulant mettre mes quelques affaires dans l'armoire, je découvris qu'elle était déjà bien remplie. Je restai bouche bée. C'était des vêtements de filles, donc ils m'étaient forcément destinés. Je parcourrai des yeux les habits qu'il y avait et souris jusqu'aux oreilles. Ces fringues étaient magnifiques. Quelques larmes d'émotions vinrent se loger au coin de mes yeux. Je refermai l'armoire et courus au rez de chaussée. Personne. Bon, il n'auront pas la joie de voir la manifestations de ma joie. A cette pensée, je ris légèrement. Je visitai alors un peu l'espace. Devant moi se trouvait le salon avec une télévision, une table basse et deux canapés. A côté, j'ouvris une porte qui donnait sur la cuisine, puis j'en ouvris une autre qui donnait sur une pièce où se trouvait une machine à laver ainsi qu'un sèche linge. Des vêtements étaient étendus sur des fils des des cintres. J'ouvris ensuite la dernière porte du rez de chaussé, j'appuyais sur l'interrupteur et ce que j'y découvris me laissa sans voix. C'était une piscine. Les lumières étaient faibles, ce qui donnait une certaines chaleur et du calme. Je m'introduis dans la pièce et fis le tour de la piscine. Elle n'était pas très grande mais je ne pense pas que ce soit l'effet recherché. C'est endroit de détente ici. Sur une table, il y avait une télécommande. Je la pris et l'analysais. Sur l'un des boutons, des bulles étaient dessinées. C'est sans doute pour un coin jacuzzi. Ces garçons travaillaient pour la mafia ou quoi ?

- Ca va ? Demanda une voix qui me fit sursauter.
- Bill, tu m'as fait peur !
- Prise en flagrant délit, plaisanta-t-il en marchant vers moi alors que je reposais la télécommande sur la table, à quoi tu pensais ?
- Je me demandais si vous travailliez pour la mafia, dis-je en souriant.
- Même pas.
- Bill, qu'est ce que tu ne veux pas me dire ?
- Qu'est ce que tu veux dire par là ?
- Pas besoin d'être devin pour voir que vous me cachez quelque chose, dis-je.


Il s'assit au rebord de la piscine, ayant retrousser son jean, et fit tremper ses jambes. Je fis de même et attendis qu'il me donne une explication, qui j'espère était la vérité.

- Ca sert à rien que je te le cache plus longtemps, tu finiras bien par le savoir. En fait, mes amis et mon frère formons un groupe. On joue du rock et on est connu dans toute l'Europe.
- Laisse moi rire, un groupe allemand connu dans toute l'Europe ? Ils ont déjà du mal à démarrer dans leurs villages, plaisantai-je.
- C'est pourtant vrai. Après l'accident, Tom n'avait pas le c½ur de reprendre tout de suite. Il s'en voulait énormément, tu sais. Jamais je ne l'ai vu comme ça. Il était anéanti.
- Pourquoi ? Je veux dire, je représente rien pour lui. Si ça aurait été quelqu'un d'autre, je suis certaine qu'il ne m'aurait pas accueillie comme vous, vous l'avez fait.
- Tu penses que tu ne représentes rien pour lui ? Mais tu as faux sur tout la ligne ! Il tient beaucoup à toi.
- Si tu le dis ...
- Je ne le dis pas, c'est certain et je t'interdis d'en douter !
- D'accord, répondis-je sans conviction.
- Ecoute moi, ordonna-t-il en me prenant par le menton, tu es très importante pour lui, ne crois jamais le contraire.


Il me lâcha, m'adressa un sourire et se releva pour ensuite sortir. Me laissant perplexe. Admettons qu'il tienne à moi, pour quelle raison ? On ne passait pas du stade d'inconnue à celui de proches en une semaine, il faut être réaliste. Même s'il était là pendant ces six moi d'inconscience, on ne se parlait pas. Je ne le connais pas tant que ça. Il avait toutes ces attentions qui font que je fondais littéralement. Et je ne pouvais pas dire que je pourrais facilement me passer de lui mais, je n'avais pas besoin de lui pour respirer. Enfin, je ne savais pas. C'était très confus dans ma tête. Il ne manquait vraiment que ça. Comme si j'étais pas assez embrouillée par cette absence de souvenir, il fallait en plus que je règle mes sentiments ?

# Posté le dimanche 27 avril 2008 15:37

Modifié le jeudi 15 octobre 2009 06:09