son propre visage ?
Nous montrer tel que nous sommes serait-il un défaut ?
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Alors j'attends.
J'attends que la vie me reprenne ou me délaisse. »
Mes paupières s'ouvrent peu à peu. Je allongée dans un lit avec une couverture qui me recouvre jusqu'au menton. Il n'y a plus de blanc, du moins presque. Non, maintenant il y a des machines blanches, quatre murs blancs qui m'oppressent. J'ai quelque chose en plastique sur le visage. J'essaie de l'enlever lorsque je remarque des aiguilles plantées dans mon bras. Elles sont reliées à une machine placée à côté du lit. Il y a du bruit, mais je ne distingue pas sa source. J'entends juste un bip régulier.
Soudain, une femme habillée de blanc entre dans la chambre avec un espèce de chariot. Lorsqu'elle me voit détailler cet endroit, elle ressortit immédiatement en laissant sa machine à roulettes en plan, visiblement choquée. Quelques minutes plus tard, un homme en blouse blanche ouvre la porte, suivit de la femme en blanc. Il retire le masque transparent de mon visage et me fait asseoir. Pas un bonjour, pas un regard, juste le parfum d'une amer habitude.
- Respiration régulière, dit-il.
Il regarde mes yeux avec sa petite lumière. Celle-ci m'aveugle, il le voit bien mais cela semble lui être bien égal.
- Tout semble en ordre, dit-il à sa collègue.
Puis il se retourne vers moi et me sourit. Enfin une once d'humanité. Je reste impassible, n'osant pas poser ces questions qui me brûlent les lèvres. Je me contente de l'observer sans dire un mot. Il doit avoir dans la cinquantaine. Son front est marqué par de nombreuses années de travail acharné. Il doit avoir divorcé récemment car la marque de l'alliance est encore bien visible sur son annulaire gauche.
- Tout va bien Mademoiselle ? me demanda-t-il.
- Oui, dis-je simplement.
- Est ce que vous vous souvenez de ce qui vous est arrivée ?
- Non, répondis-je.
- Savez vous qui vous êtes ? demanda-t-il surpris.
- Non, dis-je sur le même ton que mes réponses précédentes.
- Vous avez eut un accident, il y a de ça six mois. Accident de voiture. Vous traversiez la rue lorsqu'une voiture vous a percutée. Pour faire simple, vous êtes tombée dans le coma.
Il eut pour seule réponse de ma part un haussement de sourcils. Je suis blasé, oui. Peut importe ce qui m'est arrivé, maintenant je suis vivante. Pas besoin de tout ce blabla médical sordide qui m'empêchera de dormir. Je me demande seulement quand je vais pouvoir sortir d'ici une fois pour toute. Je ne sais pas ce qui m'est arrivé, ou ce qui va m'arriver, je n'ai qu'une volonté. Retrouver ma liberté.
- Mais nous ne connaissons pas votre identité. Vous n'aviez aucun papier sur vous. Nous avons cherché dans les personnes disparues mais ça n'a rien donné. Normalement, votre mémoire devrait revenir d'ici peu.
Finalement j'ai bien fait de ne pas poser ces questions, cet homme qui semble tout savoir n'a aucune idée des réponses. Il me regarde avec désolation, ce qui eut pour effet que je le fixe froidement.
Self-control. Je n'aime pas être prise en pitié. Il faut savoir rester digne, même quand la situation peut difficilement s'aggraver encore.
- Ce sont deux frères de 18 ans qui vous ont percutée, ils veillent sur vous depuis l'accident. Nous allons les prévenir que vous vous êtes réveillée, dit-il en sortant.
La femme en blanc m'enlève tous les liens qui me retiennent à cette machine en me souriant. J'aurai avouer volontiers ne rien comprendre à tous ses regards insistants.
- Vous avez bien de la chance d'être tombée sur eux, Mademoiselle. Ils sont venus ici tous les jours. Le plus jeune s'en allait tandis que l'autre restait dans votre chambre des heures durant. Je n'avais jamais vu quelqu'un si attentionné ! C'est un peu comme chez lui ici, maintenant. Toutes les infirmières les connaissent !
Sans me laisser le temps de lui répondre, elle s'éclipse hors de la chambre. Enfin seule. Je m'assois plus correctement et remarque une fenêtre à ma droite. Je me lève et m'en approchais, curieuse. Je sens mes jambes engourdies et me rattrape au matelas. Je glisse et me retrouve les fesses par terre. Je soupire, tente de me relever. Je me tiens au lit et finis par me retrouver debout. Je lâche tout et commence à marcher doucement. Je m'habitue peu à peu, bien que la tête me tourne encore. Je me rattrapais à la fenêtre qui donnait sur un jardin où le beau temps était au rendez vous. Il y avait des enfants qui jouaient et des parents qui les surveillaient en discutant. Cet endroit semblait être bien paisible. Rien à voir avec cette chambre sans vie, ni avec ce que j'avais vu depuis cette lumière aveuglante qui m'avait fait plonger dans ce sommeil prolongé. Au fond de moi, je sentais que le médecin se trompait. Rien n'allait me revenir. Je m'accoudai aux rebords de la fenêtre et observais la vue lorsque la porte s'ouvrit de nouveau, laissant entrer deux jeunes hommes étranges. L'un était blond dreadé et vêtu d'habits très larges aux couleurs gris et bleus ciel avec, comme accessoires, une casquette ainsi qu'un pierçing à la lèvre. Le second, contrairement au premier, était brun et avait des habits noirs près du corps. Ses yeux étaient maquillés de noir, il avait également avec un pierçing à l'arcade sourcilière. Moi qui n'avais vu que des gens habillés de blanc, le changement était radical.
- Salut, dirent-ils d'une même voix.
- Salut, fis-je doucement.
- Tu ne devrais pas rester dans ton lit normalement ? vérifia le blond.
- Tu y resterais toi ? répondis-je d'un ton neutre.
- Hum .. Non, c'est vrai.
- Comment tu te sens ? me demanda le brun.
- Bien, merci.
- Les médecins nous ont dit que tu étais amnésique, mais que ça devrait passer.
- Oui, je suis au courant.
- Tu devrais venir emménager avec nous ! Proposa le blond.
- Euh ... Tom, je peux te parler dehors ? Demanda le brun.
Le dénommé Tom sortit avec son frère. Je m'approchai de la porte pour les écouter. Après tout, cela avait sûrement un rapport avec moi et je refusais d'être tenue à l'écart. Avec difficulté, je rejoignis la porte en essayant de ne pas perdre un équilibre instable.
- T'es devenu dingue ou quoi ? Demanda le brun.
- Bill, c'est nous les coupables et elle est seule au monde ! On ne peut pas la laisser ici !
- Et tu lui dis ça sans même me demander mon avis !
- Ne me dis pas tu n'es pas d'accord ?
- Tu sais très bien que ça va être difficile à gérer, on n'est pas n'importe qui !
- Ce n'est pas de sa faute, à elle. Elle viendra chez nous, que ça te plaise ou non.
- Tom, je sais que tu t'en veux mais ça n'effacera rien Ok ? Ce qui compte maintenant c'est qu'elle soit réveillée et en bonne santé.
- Oui mais à quel prix ? Nous, on ne peut pas imaginer ce que c'est d'être amnésique mais ce doit être horrible. Elle n'a plus aucun souvenir, elle a perdu tout ce qui la définissait dans cet accident.
- Je sais que ça te perturbe. On va s'occuper d'elle, je te le promets.
- Alors tu es d'accord ?
- Oui, répondit Bill.
Signal que je devais vite aller à l'autre bout de la pièce. Je me tenais les hanches et me laissa asseoir le lit. Les deux frères rentrèrent et affichèrent des sourires hypocrites. Moi qui ne voulais pas être un poids pour eux, c'était mal parti. C'était uniquement par culpabilité qu'ils faisaient ça. Je rêvais de leur crié à la figure, mais je me retins. Je les fixais du regard en soupirant.
- Tu sais quand tu vas sortir ? Demanda Bill.
- Non, répondis-je.
- Bon, je vais aller demander au médecin, répondit-il en partant.
- D'accord, dit Tom.
Sans me soucier du blond, je me suis relevée sans grande conviction et m'apprêtais à rejoindre la fenêtre en paraissant sûre de moi, lorsque je chutais et me retrouvais lamentablement sur le carrelage gelé. Tom se précipita sur moi, me harcela de questions et m'aida à me relever. Il me conseillait de me coucher, mais je m'obstinais à refuser. Avec ou sans son aide, je restais debout. Il finit par céder et me conduisis à la fenêtre. C'était magnifique. Peut être que c'était une vue anodine pour certains, mais pour moi, cela valait tellement plus. La raison qui me poussait à vouloir sortir d'ici le plus vite possible, c'était bien de pouvoir être dans ce jardin pour de vrai. Je voulais pouvoir sentir ce parfum de nature. Ici, il n'y avait que l'odeur du désinfectant qui régnait. C'était insupportable. Je m'imaginais déjà, assise dans l'herbe comme n'importe quelle fille et regarder autour de moi en souriant.
Sans que je ne m'en sois rendue compte, Tom s'était mis derrière moi et regardait par dessus mon épaule ce qui attirait mon attention. Je sentis alors son souffle et frissonnait.
- C'est beau, hein ? dit-il.
- Oui, répondis-je en le regardant.
- Je ... Je suis désolé.
- Pour quoi ?
- Tu ne serais pas ici si j'avais fait plus attention en ...
- Je ne t'en veux pas, le coupai-je, je pense que c'est mieux comme ça. Je ne vais pas chercher à savoir qui j'étais, parce que j'ai la nette impression que cette personne est morte avec l'accident. Si la vie m'a redonnée une chance, ce n'est pas pour que je vive dans le passé.
Mon regard se posa de nouveau sur la vue que m'offrait la fenêtre. Je touchais la vitre en imaginant que je puisse la traverser. Tom posa la sienne dessus et me sourit lorsque je le regardais, surprise. Le doux parfum qui émanait de sa personne était sucré et chaleureux. Soudain la porte s'ouvrit mais le dreadeux ne bougea pas. Il semblait déjà savoir qui était dans la chambre avec nous.
- Ca c'est incroyable, je te laisse deux minutes et je te revois en train de draguer, plaisanta Bill.
Tom rit légèrement et se retourna vers son frère. Déstabilisée, je fis de même et retournais m'asseoir sur mon lit sans dire un mot. Je me sentais rougir, j'espérais seulement que cela ne se verrait pas.
- Bon, alors j'ai parlé au médecin et tu sors dans une semaine si tout va bien. Ils veulent surveiller que ton état ne se dégrade pas, expliqua le brun.
- D'accord, répondis-je en hochant la tête.
Une semaine ... Une semaine pour enfin voir ce que peut être l'au dehors. Sept longs jours de plus dans cet enfer. J'y étais restée six mois, croyaient-ils vraiment que j'allais attendre d'avantage pour redécouvrir ce qu'est la vie ?
♥
Un début peut-être un peu maladroit. Mais j'espère que ça vous a quand même plu !
![Maybe it's true _ That I can't live without You [/align¨] _♥](http://66.img.v4.skyrock.net/668/warum-es-nicht-mehr-geht/pics/1715436754_small_20.jpg)